Le piratage ne tue pas la musique, bien au contraire…

Nous avons tous été un jour confronté à cette fameuse remarque qui nous fait tant culpabiliser (ou pas) « Tu télécharges !? Mais tu n’as pas honte ?! Tu tues la musique, oui, tu m’as bien entendu, tu tues les artistes !! ». Et si ce n’était pas totalement vrai ?

Même si de nombreuses personnes, influentes ou non, l’affirment depuis déjà un certain temps, c’est la London School of Economics, prestigieuse école de nos voisins d’outre-Manche, qui s’est faite entendre cette semaine en publiant une étude à propos de l’influence du piratage sur l’industrie musicale.

Le piratage peut booster les revenus,

Voici, le premier point abordé par le rapport. En effet, des entreprises innovantes dans le secteur musical ont largement su profiter de la mutation du marché, augmentant ainsi leurs revenus en créant de nouveaux business models qui font leurs preuves aujourd’hui.

C’est notamment grâce au tournant numérique opéré progressivement dès 2004 par les maisons de disque que le marché a pu respirer quelque peu. Rien de très original finalement là-dedans, les labels se sont justes adaptés à une génération qui a grandi avec des services de partage en ligne tels que BitTorrent, Pirate Bay ou encore Napster, l’ancêtre de tous les services de peer-to-peer.

Bien que nous devons reconnaître une certaine stagnation des ventes ces dernières années, l’étude montre tout de même que l’industrie musicale a su se diversifier, voire même tirer encore plus de profits dans d’autres secteurs, grâce notamment à l’innovation. À commencer par l’apparition de mégaplateformes de ventes numériques telles que iTunes ou Google Play.

Les services de streaming atteignent des records de fréquentation ainsi on retrouve, 24 millions d’utilisateurs actifs pour Spotify, 200 millions d’inscrits sur Pandora et, les services de partage musical tels que Soundcloud et ses 200 millions de comptes enregistrés, montrent à quel point le secteur est en pleine ébullition. Qu’on le veuille ou non, cela est bénéfique pour l’artiste.

Quels effets sur le quotidien des artistes ?

Ces différents services, tout comme le piratage d’ailleurs, permettent aux internautes de découvrir de nouveaux artistes qu’ils pourront aller voir en concert dans leur ville. Le secteur de la prestation live se porte d’ailleurs au mieux en ce moment.

En 2011, les revenus estimés de l’industrie musicale s’élevaient ainsi à 60 milliards de dollars, et en 2012, les ventes mondiales de musique enregistrée ont augmenté pour la première fois depuis 1999, avec 34 % de revenus provenant directement des canaux numériques tels que le téléchargement légal ou encore le streaming.

Une industrie qui stagne certes, mais pas au point de s’alarmer,

Nous regretterons seulement que les majors et autres labels n’aient pas décidé de s’adapter plus rapidement au marché, croyant dur comme fer que le modèle « vaches à lait » du 20e siècle allait survivre à ce tournant numérique. L’industrie musicale aurait sûrement retrouvé le chemin de la croissance plus rapidement.

L’exemple de l’industrie cinématographique en est l’exemple parfait. Bien que les ventes de DVD aient baissé de 10 % entre 2001 et 2010, les revenus de l’industrie du cinéma en général ont augmenté de 5 % dans le même temps, valant aujourd’hui plus de 93 milliards de dollars. Il en est de même pour l’industrie du livre qui a atteint le chiffre record de 102 milliards de dollars en 2012, soit bien plus que n’importe quel secteur artistique.

L’industrie musicale commencerait donc à admettre que le piratage illégal serait bénéfique, directement ou indirectement. Une bonne chose, bien que cela fait déjà quelques années que maintes études l’affirment.

Cependant la lutte contre le piratage continue…

En vertu d’une loi antipiratage, les ayants droit ont la possibilité d’envoyer une « DMCA Notice » aux moteurs de recherche et principalement Google. Il s’agit d’une demande formulée par un ayant droit ou par son représentant pour que Google bloque une URL pirate de ses résultats de recherche.

Depuis 2011, Google a fait l’effort d’être transparent envers ses utilisateurs et partage les données concernant ces demandes. C’est grâce à cette initiative, par exemple, que nous avons appris que le numéro 1 des  moteurs de recherche n’a pas procédé au blocage de la page d’accueil de The Pirate Bay, alors que ceci avait été réclamé par une association britannique. La page en question, thepiratebay.sx, serait « clean » car elle ne contient aucun lien direct vers des téléchargements illégaux.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une « liste exhaustive » des cas de piratage, les statistiques fournies par Google nous permettent de réaliser l’ampleur du phénomène et de mieux cerner le problème. Selon le rapport de la firme de Mountain View, rien qu’au mois de septembre, celle-ci a reçu 21.508.657 demandes de blocage d’URL. 36.211 domaines sont concernés par ces demandes massives. Celles-ci ont été faites par 1.881 organisations. On parle aussi de 3.449 ayants droit qui ont réclamé avoir les droits exclusifs sur une propriété intellectuelle.

Comment ça marche ?

Lorsque Google estime qu’une demande est recevable, l’URL concernée est bloquée dans les résultats de recherche. À la place, le moteur de recherche met une notification de ce type :

« En réponse à une plainte reçue dans le cadre du US Digital Millennium Copyright Act (loi de protection des droits d’auteur), nous avons retiré 1 résultat (s) de cette page. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre connaissance de la plainte DMCA qui a entraîné le retrait de ce (s) résultat (s) à l’adresse suivante : ****************. »

Ceci étant, il est possible de prendre connaissance de la plainte DMCA cela signifie que vous pouvez lire un rapport qui contient le lien de téléchargement caché. Certains trouveront cela amusant.

D’autres solutions ?

L’autre solution, trouvée par la Maison-Blanche et quelques entreprises US, est de priver les sites pirates de revenus publicitaires. Quelques régies ont déjà signé des accords avec l’institution pour ne plus acheter d’espace promotionnel chez ces sites-là. Mais tant que ces soit disant bonnes pratiques ne seront pas suivies par toutes les régies, ces mesures ne serviront à rien.

Et il ne faut pas non plus oublier que si le piratage se développe, c’est bien parce que les offres légales ne sont parfois pas compétitives.

Comme toujours, nous prônons l’accès à des offres intéressantes et accessibles au plus grand nombre qui est surement la clé du succès !!

Une réponse à “Le piratage ne tue pas la musique, bien au contraire…”

  1. Hosting dit :

    Il faut repenser la culture numerique. Il est essentiel de prendre le recul necessaire pour analyser une situation sans precedent. Il est imperieux de se detacher des seules etudes commanditees par les acteurs de la « creation ». Il est capital de ne pas detruire les libertes individuelles en ligne au seul argument que le piratage detruirait l’industrie du divertissement. Mieux, cette derniere assertion est-elle fondee ?

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