Fait-on face à une fuite des cerveaux français ?

La France perd-elle ses cerveaux si durement formés ? Qu’on évoque la fuite des cerveaux ou l’exil fiscal, l’émigration des Français est un sujet qui fait régulièrement la une des médias bien que malheureusement on puisse lire tout et son contraire d’un article à l’autre.

Ce fut encore le cas il y a quelques jours avec la publication d’une étude sur le sujet. Cette étude, plutôt bien argumentée et objective, fait de nombreuses fois le constat d’une grande difficulté à disposer de chiffres fiables et complets sur l’émigration et ses raisons. Il n’existe en effet qu’une comptabilité partielle des expatriés et trop peu d’enquêtes sur les raisons de cette émigration.

Quels sont les chiffres approximatifs de cette potentielle fuite des cerveaux français ?

Officiellement 1,6 million, mais en réalité sans doute plus de 2 millions. Ils étaient seulement 1 million dix ans en arrière. Chaque année, ce serait plus de 200 000 personnes qui quitteraient le pays. On peut distinguer une série de causes et de conséquences hypothétique dans ce phénomène, évoquons par exemple la fiscalité, la mondialisation, le manque de moyens des chercheurs…

Une jeunesse 2.0 qui fuit pour un avenir plus radieux ?!

Le modèle français avec sa culture du parchemin, élitiste et rigide, semble en complet décalage d’une part avec nous autres la jeunesse 2.0 et d’autre part face aux possibilités offertes par la mondialisation.

Tant que l’état ne donnera pas les moyens à sa jeunesse d’avoir le choix, celui de partir, mais également celui de rester pour investir, entreprendre et prospérer, ce phénomène risque de continuer voire même d’empirer.

Cette fuite comparée à celle des autres pays européens :

Nous n’allons pas y aller par 4 chemins, selon les statistiques la France est dans la moyenne et son taux d’émigration n’est pas le plus haut en Europe. Même si ses sources statistiques sont assez discutables, elles permettent d’établir une comparaison des dynamiques migratoires.

Depuis 2005, notre flux d’émigrés est régulier et n’augmente pas de façon inquiétante année après année. Concernant les autres pays on peut largement entrevoir que les pays de l’Europe du Sud qui ont du mal à se relever de la crise sont ceux dont la fuite est la plus importante.

Quelle est la destination privilégiée de nos cerveaux ?

Autre donnée partielle, mais éclairante, les Français s’expatrient avant tout au sein de l’Union Européenne, loin devant l’Amérique du Nord, comme on aurait pu s’y attendre. Dans l’ordre se serait, Belgique, Suisse puis le Royaume-Uni et enfin les États-Unis et l’Allemagne.

Donc surtout des pays frontaliers où le système et le contexte économique sont plus favorables et où la barrière de la langue est absente. Pour les États-Unis, il y a fort à parier que la première direction soit la Silicon Valley, véritable temple des nouvelles technologies.

Nous avons parlé de tout et son contraire tout à l’heure,

Bien que la fuite soit en partie avérée, certaines études, un peu trop proches du gouvernement pour être totalement crédible, tente de démontrer que les départs des cerveaux ayant un haut niveau d’étude universitaire sont largement compensés par l’immigration de cerveaux étrangers, et que le solde n’est pas déficitaire et de conclure que comparé à la plupart des autres pays, le nombre de départs est encore relativement faible.

Toujours est-il que le système universitaire français n’est certes pas le meilleur au monde, mais qu’il a un gros potentiel pour former des cerveaux d’une rare qualité recherchée aux quatre coins du globe. En est-il de même pour les pays où les cerveaux fuient vers la France ??

Bon alors fait-on face à une fuite des cerveaux français ?

Que conclure ? Avant tout que les données manquent, notamment sur les raisons de ces départs. Savoir combien d’expatriés travaillent pour une société française, par exemple, ou combien reviennent au bout de quelle période et pour quelles raisons, permettrait d’affiner la réflexion !!

Cependant, une chose est sure, les Français sont de plus en plus enclins à s’expatrier ce qui confirme une hypothétique fuite des cerveaux français.

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